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Microsoft Copilot et sécurité des données : ce qu’une entreprise doit vérifier

31 janvier 2025 • 11 min de lecture

La sécurité des données avec Microsoft Copilot dépend d’abord de la manière dont les informations de l’entreprise sont organisées, partagées et protégées dans Microsoft 365. Avant de généraliser Copilot, une entreprise doit donc vérifier les identités, les permissions, les espaces SharePoint et OneDrive, les règles de partage, la classification des données et les mécanismes de gouvernance.

Copilot Microsoft 365 s’appuie sur les données auxquelles l’utilisateur est déjà autorisé à accéder, notamment via Microsoft Graph. Microsoft indique que Copilot ne doit pas permettre à un utilisateur d’accéder à des données auxquelles il n’a pas déjà accès. Le véritable enjeu de sécurité est donc souvent lié à la qualité des permissions et de la gouvernance existantes.

Un environnement Microsoft 365 mal gouverné peut ainsi exposer davantage de contenus pertinents à un assistant IA, non parce que Copilot contournerait les permissions, mais parce que ces permissions peuvent déjà être trop larges ou que certains contenus sont insuffisamment maîtrisés.

Vérification documentaire : 8 octobre 2026. Les informations techniques présentées ici concernent principalement Microsoft 365 Copilot. Les autres produits Copilot, notamment Microsoft Security Copilot ou les agents personnalisés, peuvent avoir des mécanismes et des périmètres différents.

Comment Copilot accède-t-il aux données de l'entreprise ?

Microsoft 365 Copilot peut utiliser le contexte de travail de l’utilisateur afin de générer ses réponses. Selon les applications et les autorisations disponibles, ce contexte peut notamment inclure des documents, e-mails, réunions, conversations, contacts ou autres contenus Microsoft 365.

Microsoft décrit ce mécanisme comme un ancrage (grounding) dans les données organisationnelles accessibles à l’utilisateur. Copilot utilise notamment Microsoft Graph pour accéder au contexte pertinent.

Le point essentiel est donc le suivant :

Copilot ne constitue pas une nouvelle couche indépendante de permissions venant remplacer celles de Microsoft 365. Il s'appuie sur les contrôles d'accès existants.

Microsoft indique que Copilot ne présente que les données organisationnelles auxquelles l’utilisateur dispose des autorisations nécessaires, notamment des droits de consultation.

Cette distinction est importante pour une entreprise qui prépare un déploiement.

Le projet ne doit pas uniquement consister à activer les licences Copilot. Il doit également permettre de déterminer quelles données chaque utilisateur peut réellement consulter.

Pourquoi les permissions existantes sont-elles importantes ?

La question des permissions est centrale dans la sécurité des données avec Microsoft Copilot.

Si un collaborateur dispose déjà d’un accès à un dossier SharePoint, une bibliothèque documentaire ou un fichier OneDrive, Copilot peut exploiter les informations auxquelles cet utilisateur est autorisé à accéder lorsque le contexte et les fonctionnalités utilisées le permettent.

Copilot ne transforme donc pas une autorisation en une autre autorisation.

En revanche, il peut rendre certaines informations plus faciles à rechercher, à synthétiser ou à mettre en relation.

C'est pourquoi une permission ancienne, trop large ou oubliée peut devenir plus visible dans les usages d’un assistant IA.

Un problème de gouvernance peut devenir un problème de visibilité

Prenons une situation simple.

Une entreprise possède un espace SharePoint auquel un groupe de collaborateurs a accès. Certains documents n'ont jamais été réorganisés, les anciens utilisateurs n'ont pas été retirés et plusieurs dossiers contiennent des informations qui auraient dû être restreintes.

Avant Copilot, ces documents étaient déjà accessibles aux membres du groupe.

Après l’introduction de Copilot, les utilisateurs autorisés peuvent potentiellement retrouver ou synthétiser plus facilement ces informations dans leurs interactions avec l’assistant.

Le problème initial n’est donc pas nécessairement Copilot.

Il peut s’agir de permissions trop larges qui existaient déjà dans Microsoft 365.

Quels risques de fuite ou de sur-partage ?

Le principal sujet à examiner n’est pas de savoir si Copilot « vole » les données de l’entreprise.

Il faut plutôt identifier les situations dans lesquelles des informations sont déjà accessibles à un nombre de personnes supérieur à celui réellement nécessaire.

Plusieurs sources de risque méritent une attention particulière :

  • groupes Microsoft 365 trop larges ;
  • anciennes permissions conservées ;
  • sites SharePoint sans propriétaire clairement identifié ;
  • fichiers OneDrive ou SharePoint partagés au-delà du besoin métier ;
  • liens de partage trop permissifs ;
  • données sensibles mélangées avec des contenus ordinaires ;
  • comptes d’anciens collaborateurs encore présents ;
  • absence de classification de certains documents ;
  • espaces collaboratifs créés sans règles de gouvernance.

Le déploiement de Copilot constitue donc une bonne occasion de réexaminer le sur-partage des données avant d’étendre les usages de l’IA.

Le partage externe mérite une attention particulière

Les règles de partage externe de SharePoint et OneDrive doivent également être examinées.

Une entreprise peut avoir accumulé au fil du temps des liens de partage, des espaces collaboratifs ou des accès accordés à des partenaires qui ne correspondent plus aux besoins actuels.

Avant de généraliser Copilot, il est donc pertinent de vérifier :

  • qui peut accéder aux sites ;
  • qui peut accéder aux bibliothèques ;
  • quels groupes disposent de droits étendus ;
  • quels contenus sont accessibles à l'extérieur ;
  • quelles règles s'appliquent aux liens de partage ;
  • quels espaces ne sont plus utilisés.

Quelles mesures mettre en place avant le déploiement ?

La préparation d’un environnement Microsoft 365 pour Copilot doit être abordée comme un projet de gouvernance des données, et pas uniquement comme un projet d’intelligence artificielle.

Identités et MFA

La première étape consiste à vérifier que les comptes utilisateurs sont correctement administrés.

L'entreprise doit notamment contrôler :

  • les comptes actifs et inactifs ;
  • les groupes auxquels appartiennent les utilisateurs ;
  • les comptes à privilèges élevés ;
  • les méthodes d’authentification ;
  • l’authentification multifacteur ;
  • les accès des anciens collaborateurs ;
  • les comptes invités.

L’objectif n'est pas de créer une sécurité spécifique uniquement pour Copilot. Il s'agit surtout de vérifier que les mécanismes d'identité existants sont suffisamment solides pour l’environnement Microsoft 365.

Permissions et groupes

Une revue des groupes et des permissions doit ensuite permettre d’identifier les accès qui ne correspondent plus aux besoins réels.

Il peut être utile de rechercher notamment :

  • les groupes très larges ;
  • les sites sans propriétaire ;
  • les utilisateurs ayant conservé des accès anciens ;
  • les bibliothèques auxquelles trop de collaborateurs peuvent accéder ;
  • les espaces contenant des données sensibles ;
  • les droits accordés sans justification métier claire.

Cette étape est particulièrement importante pour SharePoint et OneDrive, puisque leurs contrôles d’accès influencent directement les informations que Copilot peut découvrir et référencer.

Classification et gouvernance

La classification permet de mieux distinguer les informations selon leur sensibilité et leur usage.

Microsoft Purview propose notamment des étiquettes de confidentialité permettant d'associer des protections aux contenus.

La classification ne doit toutefois pas être mise en place uniquement pour Copilot.

Elle doit s’inscrire dans une politique plus large de protection de l'information.

Partage externe

Le partage externe doit faire l’objet d’un contrôle spécifique.

Une entreprise peut décider, selon son activité et ses contraintes, de limiter certains modes de partage ou de renforcer les règles appliquées aux espaces contenant des informations sensibles.

L’objectif est de faire correspondre les possibilités de partage avec les besoins réels de l’organisation.

Sensibiliser les utilisateurs

La gouvernance technique ne suffit pas.

Les utilisateurs doivent comprendre ce que Copilot peut faire, quelles données ils peuvent lui demander d’exploiter et quelles informations ils doivent continuer à manipuler avec prudence.

Une sensibilisation peut notamment rappeler que :

  • Copilot ne remplace pas les règles internes de confidentialité ;
  • une réponse générée doit être vérifiée avant utilisation ;
  • les informations sensibles doivent être manipulées selon les règles de l’entreprise ;
  • les permissions existantes restent déterminantes ;
  • le partage d’une conversation Copilot doit être maîtrisé ;
  • une réponse générée par IA n'est pas nécessairement exacte.

La sensibilisation doit donc porter autant sur la confidentialité des données que sur la qualité des réponses générées.

Comment tester avant généralisation ?

Il est préférable de ne pas commencer par une généralisation immédiate auprès de tous les utilisateurs.

Une approche progressive permet d'observer les usages et de détecter les problèmes de gouvernance avant d'élargir le déploiement.

Commencer par un périmètre pilote

Le groupe pilote peut réunir des utilisateurs représentatifs de plusieurs métiers.

L'objectif est d'observer :

  • les types de données recherchées ;
  • les espaces SharePoint sollicités ;
  • les usages réels de Copilot ;
  • les problèmes de permissions ;
  • les informations qui apparaissent dans les réponses ;
  • les besoins de formation ;
  • les situations dans lesquelles les règles internes doivent être précisées.

Tester les permissions avant les fonctionnalités

Le test ne doit pas uniquement chercher à savoir si Copilot « fonctionne ».

Il doit également vérifier si les utilisateurs obtiennent exactement le niveau d’information attendu compte tenu de leurs droits.

Une revue des permissions peut ainsi être réalisée avant puis après les premiers tests.

Documenter les règles

Avant la généralisation, l’entreprise devrait pouvoir répondre clairement à quelques questions :

  • Quelles données peuvent être exploitées avec Copilot ?
  • Quels contenus sont considérés comme sensibles ?
  • Qui peut accéder à ces contenus ?
  • Quels utilisateurs disposent de Copilot ?
  • Quelles règles s'appliquent au partage des réponses ?
  • Qui administre les permissions ?
  • Qui traite les incidents ou anomalies ?
  • Comment les nouveaux espaces SharePoint sont-ils gouvernés ?

Cette documentation permet de transformer le déploiement de Copilot en démarche durable plutôt qu'en simple activation d'une fonctionnalité.

FAQ

Microsoft Copilot peut-il accéder à tous les fichiers de l'entreprise ?

Non. Microsoft indique que Microsoft 365 Copilot utilise les données auxquelles l’utilisateur est autorisé à accéder. Les contrôles de permissions Microsoft 365 restent donc déterminants.

Copilot peut-il révéler un document auquel l'utilisateur n'a pas accès ?

Microsoft indique que Copilot respecte les autorisations existantes et ne doit pas présenter à un utilisateur des données auxquelles il n’est pas autorisé à accéder. Le risque à examiner concerne plutôt les contenus auxquels l'utilisateur dispose déjà d'un accès trop large.

Pourquoi vérifier SharePoint avant d'utiliser Copilot ?

SharePoint constitue un emplacement important pour les documents professionnels et ses contrôles d’accès influencent les informations que Copilot peut découvrir et référencer. Une mauvaise gouvernance ou un sur-partage existant peut donc devenir particulièrement visible dans les usages de l'IA.

Microsoft 365 Copilot utilise-t-il les données de l'entreprise pour entraîner les modèles fondamentaux ?

Microsoft indique que les prompts, les réponses et les données accessibles via Microsoft Graph ne sont pas utilisés pour entraîner les modèles fondamentaux utilisés par Microsoft Copilot. Cette affirmation concerne Microsoft 365 Copilot dans le périmètre documenté par Microsoft et ne doit pas être généralisée à tous les produits ou configurations Copilot.

Faut-il utiliser Microsoft Purview avec Copilot ?

Microsoft recommande Microsoft Purview et les contrôles SharePoint appropriés pour renforcer la gouvernance, la protection des données, la classification et la gestion des risques de sur-partage. Les fonctionnalités disponibles dépendent notamment des produits et licences utilisés par l'organisation.

La MFA suffit-elle pour sécuriser Copilot ?

Non. L'authentification multifacteur renforce la protection des identités, mais la sécurité des données dépend également des permissions, des groupes, du partage, de la classification, de la gouvernance et de la configuration des services Microsoft 365.

Faut-il déployer Copilot auprès de toute l'entreprise immédiatement ?

Non. Une phase pilote permet de vérifier les usages, les permissions, les données accessibles et les besoins de sensibilisation avant une généralisation.

Conclusion

La sécurité des données avec Microsoft Copilot commence donc avant l'activation de l'assistant.

Le point essentiel consiste à savoir quelles données sont accessibles aux utilisateurs, pourquoi ils y ont accès et si ces accès correspondent encore aux besoins réels de l'entreprise.

Une PME qui souhaite utiliser Copilot dans de bonnes conditions doit ainsi travailler sur les identités, les permissions, SharePoint, OneDrive, le partage externe, la classification, la gouvernance et la sensibilisation des collaborateurs.

Copilot n'est ni intrinsèquement dangereux ni automatiquement sécurisé : son niveau de sécurité dépend en partie de la qualité de l'environnement Microsoft 365 dans lequel il est déployé et des contrôles appliqués aux données.

Pour replacer cette démarche dans une stratégie plus large, consultez notre page consacrée à la cybersécurité en entreprise. Pour les aspects liés à l'environnement Microsoft 365, l'intégration Microsoft 365 permet d'aborder le déploiement et l'administration de la plateforme.

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